Everial logo Partage d’expertises

Groupe SIPA Ouest-France : préserver la mémoire vivante de la presse quotidienne régionale

Numériser plusieurs millions de pages issues du Maine Libre et du Courrier de l’Ouest, sans fragiliser les originaux ni perdre la richesse des éditions locales : c’est le projet engagé par les Journaux de Loire et le groupe SIPA Ouest-France avec EVERIAL. Un chantier patrimonial mené en France, pour protéger près de 80 ans d’histoire régionale et rendre cette information plus accessible, plus durable, plus vivante.

Mis à jour le
Everial

Dans les archives d’un journal, il n’y a pas seulement des articles. Il y a des territoires, des visages, des événements, des entreprises, des faits de société. Toute une mémoire locale, parfois absente des grands récits nationaux, mais essentielle pour comprendre l’histoire d’une ville, d’un département ou d’une région.

Pour le groupe SIPA Ouest-France, cette mémoire est un patrimoine à protéger dans toutes ses dimensions. Physique & numérique. Éditoriale & historique. Conservée aujourd’hui, transmise demain.

C’est dans cette logique qu’Anne-Catherine Le Port, cheffe du service archivage patrimonial du groupe, pilote depuis 2025 un projet de numérisation consacré à deux titres historiques : Le Maine Libre et Le Courrier de l’Ouest.

''

Notre objectif est de mettre à l’abri tout notre patrimoine, qu’il soit papier ou numérique.

Anne-Catherine LE PORT

Cheffe du service archivage patrimonial Groupe SIPA

Un fonds qui raconte les territoires

Les collections concernées rassemblent les journaux papier conservés depuis la naissance des deux titres, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le volume donne immédiatement la mesure du projet : environ 1 million de pages pour Le Maine Libre et plus de 2 millions de pages pour Le Courrier de l’Ouest.

Mais l’enjeu dépasse largement la volumétrie. Ces archives portent la richesse de la presse quotidienne régionale : des éditions locales nombreuses, des maquettes qui évoluent, des formats différents, le passage progressif du noir et blanc à la couleur, des zones de diffusion qui suivent la vie des territoires.

Cette diversité rend le fonds précieux. Elle rend aussi sa numérisation plus exigeante.

« C’est tout un patrimoine. Cela témoigne vraiment de l’histoire de ces régions. Quand on se replonge dans ce qui a été imprimé, on revit l’histoire. »

Numériser ces pages, c’est préserver une lecture fine du territoire : ses événements, ses acteurs économiques, ses figures locales, ses moments forts comme ses histoires plus discrètes.

Passer de la consultation à la recherche

Avant le projet, les collections étaient conservées dans les locaux des titres. Elles restaient accessibles, mais leur consultation reposait sur une logique très physique : se déplacer, manipuler les reliures, chercher dans les nombreux volumes…

Pour les rédactions, la limite était concrète. Lorsqu’un journaliste arrive sur un territoire, prépare un sujet ou rencontre un nouvel interlocuteur, il doit pouvoir retrouver rapidement ce qui a déjà été écrit par ses prédécesseurs et publié par le groupe.

« Pour consulter ces contenus, il fallait venir au siège, descendre aux archives et chercher dans les reliures. C’était assez long et fastidieux ! C’est de là qu’est née l’idée de numériser les fonds, puis de pouvoir les interroger dans une base de données. »

Le groupe dispose déjà d’un outil de recherche alimenté par plusieurs fonds numérisés, dont Ouest-France, L’Ouest-Éclair et Presse Océan. Cette base rassemble aujourd’hui plus de 50 millions d’articles.

L’objectif est désormais d’y intégrer Le Maine Libre et Le Courrier de l’Ouest. La numérisation ne crée donc pas seulement une copie numérique. Elle transforme un patrimoine papier en information retrouvable, consultable et exploitable.

Un projet exigeant, un cadre sécurisé

Pour Ouest-France, le choix du prestataire reposait sur plusieurs critères clés : la capacité à traiter des volumes hors norme, la qualité de numérisation, la tenue du calendrier et la localisation du traitement.

Le groupe souhaitait un projet mené en France, sans transfert des documents à l’étranger ni passage par des serveurs externes. Les fichiers produits sont donc transmis sur supports physiques, via des disques durs qui circulent entre EVERIAL et le groupe.

« Nous voulions que ce soit fait en France, sans envoi de documents à l’étranger. La sécurité des informations était un critère très important. »

Sur un chantier de plusieurs années, la relation compte autant que la méthode. Les échanges réguliers, les arbitrages et les ajustements font partie de la vie du projet.

''

Nous avions reçu l’équipe d’EVERIAL au siège d’Ouest-France. Le feeling était bien passé. Sur un projet comme celui-ci, c’est important.

Anne-Catherine LE PORT

Cheffe du service archivage patrimonial Groupe SIPA

Une organisation pensée pour les usages réels

La première étape a consisté à organiser le départ des collections depuis les sites du Mans et d’Angers. Il fallait aussi rassurer les équipes internes, car les reliures restaient utilisées par les journalistes.

EVERIAL a donc intégré une contrainte essentielle : maintenir l’accès aux archives pendant le chantier. Si une rédaction a besoin d’une reliure, celle-ci peut être rapatriée.

L’enlèvement s’est déroulé en une semaine, avec une logistique adaptée aux volumes et aux lieux. Au Mans, une partie des archives était conservée dans les sous-sols d’un bâtiment situé en plein centre historique. La prise en charge devait donc être précise, fluide et respectueuse des documents.

Une fois les fonds confiés à EVERIAL, une phase de tests a permis de valider les choix techniques. Elle était indispensable, car les journaux n’ont pas une forme unique.

« Il y a eu des moments où tout était en noir, d’autres où seul le titre était en couleur. Ensuite, la couleur est devenue beaucoup plus présente. Il y a vraiment beaucoup de choses qui changent. »

Après validation, les équipes ont été formées progressivement. Le dispositif est monté en puissance pour tenir la cadence, sans perdre l’attention portée à chaque page.

Préserver le document, révéler l’information

Les journaux sont conservés sous forme de grandes reliures. Leur numérisation demande des équipements adaptés pour éviter la perte de texte au centre des pages et garantir une restitution fidèle.

Mais la valeur du projet ne s’arrête pas à l’image. Derrière le scan, les fichiers sont convertis en PDF et enrichis par OCR, la reconnaissance automatique des caractères.

''

Avec l’OCR, on va pouvoir retrouver des mots-clés, des personnalités, des dates, des lieux. C’est ce qui permettra la recherche d’articles.

Anne-Catherine LE PORT

Cheffe du service archivage patrimonial Groupe SIPA

Cette étape change tout. Elle permet de passer d’une page conservée à une information activable. Un article peut être retrouvé par date, par édition, par lieu, par nom ou par sujet.

Des bénéfices pour les rédactions, le groupe et les publics

Les premiers bénéfices concernent les rédactions : retrouver un contexte, vérifier un fait, préparer un portrait, documenter une entreprise, reconstituer l’historique d’un événement.

Mais les usages vont plus loin. Les équipes marketing, commerciales ou événementielles s’appuient aussi sur les archives pour des expositions, des partenariats ou des projets culturels. Une archive peut nourrir un article, mais aussi une projection, un film, un ouvrage, une recherche universitaire ou un travail de mémoire.

Certains fonds déjà numérisés sont proposés sous licence via Panorapresse. Ils intéressent des entreprises, des collectivités, des ministères, des préfectures, des bibliothèques universitaires, des archives départementales, des chercheurs, des auteurs ou des sociologues.

Dans un monde saturé d’information, où désormais plus de la moitié des infos publiées chaque jour sont des fake news cette mémoire vérifiée prend une valeur particulière.

« On sait que ce qui a été écrit l’a été par un journaliste du groupe qui avait vérifié et recoupé son info. C’est un outil très puissant qui nous fait gagner du temps. »

Un projet partagé

Pour Ouest-France, ce chantier était attendu. Pour EVERIAL, il mobilise un savoir-faire documentaire, technique et patrimonial. La réussite repose sur cette rencontre, un patrimoine précieux à transmettre & une équipe capable d’en prendre soin, page après page.

''

Ce sont nos archives, mais nous avons senti qu’elles étaient aussi un peu les leurs. Leur patrimoine.

Anne-Catherine LE PORT

Cheffe du service archivage patrimonial Groupe SIPA

Au-delà de la prestation, c’est aussi cette implication qui a marqué Ouest-France : celle d’équipes engagées dans le soin apporté aux documents.

« C’était une très belle rencontre avec les personnes qui chouchoutent nos pages et les numérisent. »

Avec EVERIAL, le groupe SIPA Ouest-France engage la préservation numérique de plusieurs millions de pages issues du Maine Libre et du Courrier de l’Ouest. Un projet mené en France, au service d’un objectif clair : préserver aujourd’hui, rendre accessible demain, faire vivre durablement la mémoire des territoires.

Partager cet article
LinkedInFacebookEmail